Ascension du mont Fuji
Le mont Fuji est le symbole par excellence du Japon. Formant un cône presque parfait, il culmine à 3776 m, ce qui en fait le plus haut sommet du Japon. Sa dernière éruption remonte à 1707. Son ascension était l'un des objectifs que nous nous étions fixés pour cette année au Japon. Plusieurs personnes nous ont cependant mis en garde quant à la difficulté de la montée, au point de nous faire sérieusement hésiter à un moment donné. Mais nous ne sommes pas laissés décourager et nous avons entrepris de faire l'ascension en compagnie d'une association sportive pour étudiants étrangers.
De la base au sommet, le mont Fuji se divise en dix stations. Notre objectif était d'arriver au sommet pour le lever du soleil, en partant de la 5ème station, la dernière accessible par route, située à 2300m d'altitude.
Nous sommes partis de Tokyo vers 9h30 en bus et sommes arrivés à la station 5 vers 13h. Le temps de manger un bout et de se faire décourager (encore une dernière fois) par un couple d'Américains, nous avons commencé l'ascension à 14h. Au risque d'une lapalissade, la difficulté du Mont Fuji, c'est que ça monte, monte, et monte encore... Pas de plat pour reposer un peu ses muscles. La deuxième difficulté est liée à l'altitude. Au-dessus de 3000m, l'oxygène se fait plus rare, et cela peut conduire pour certains au mal des montagnes, qui se traduit par des maux de têtes, des étourdissements, pafois des vossiments et surtout un manque total d'énergie. C'est ce qui est arrivé à Yurika à partir de la station 7. Alors que nous avions tenu jusque là un très bon rythme, elle a commencé à avoir de plus en plus de mal à avancer. C'est peu dire que les 2 dernières heures ont été difficiles. L'arrivée à la station 8 (3400 m d'altitude) vers 18h30 fut donc un grand soulagement! Nous avons directement soupé, notre intention étant de nous coucher le plus rapidement possible. Etant donné qu'il était prévu de nous lever à 2h du matin pour entamer l'ascension finale, cela paraissait une bonne idée! Une bonne idée peut-être, mais un doux rêve certainement. Ce fut une des nuits les plus affreuses de notre existence! Il faut savoir que les refuges au Japon ne prennent en principe pas de réservations, et qu'ils acceptent des gens tant qu'il y a moyen de les fourrer à l'intérieur. Alors que notre refuge paraissait franchement étroit, ils ont été capables d'y mettre plus de 300 personnes. Autant dire qu'à ce nombre là, il y a des gens partout, même dans les escaliers. Nous étions tous couchés habillés à même le sol, les uns contre les autres, avec pour seul degré de liberté, et encore, la rotation sur soi-même. En plus, tant que l'oeuf n'est pas bourré et qu'il y a de nouveaux arrivants, ça éructe de partout. Autre souci: les reniflements et autres ronflements. Le système nasal asiatique doit être bâti différement que l'occidental pour expliquer un tel vacarme. En plus si quelqu'un à la bonne idée de vouloir aller se soulager pendant la nuit, il est obligé de réveiller tout le monde pour arriver jusqu'à la porte de sortie. Evidemment, sur 300 personnes, il y a d'OFFICE quelqu'un qui doit se soulager toutes les 20 minutes. Bref, nous n'avons pas fermé l'oeil de la nuit. Nous n'attendions finalement plus qu'une chose, nous lever pour nous échapper de cet enfer. A 2h du matin, nous nous sommes donc habillés chaudement pour repartir sur les pentes amicales du Fuji. A plus de 3000m, les nuits sont très froides. Gands, gros pulls et bonnets étaient donc de circonstance. En sortant du refuge, le spectacle de milliers de marcheurs qui s'avancaient dans la nuit, formant un cortège interminable de lampes de poches, était impressionnant. Nous nous sommes donc intégrés dans la procession, décidés à atteindre le sommet de ce satané Fuji San. Malheureusement, après dix minutes, Yurika a recommencé à ressentir le mal des montagnes. Nous lui avons donc acheté une bonbonne d'oxygène. Celles-ci sont en vente aux différentes stations le long de l'ascension et nous avons été très surpris de leur efficacité. Une fois qu'elle eut empli ses poumons d'oxygène concentré, Yurika retrouva énergie et courage, de quoi reprendre avec 'entrain' le chemin de la gloire.
Nous avons donc encore grimpé, en suivant respectueusement la dense colonne de marcheurs, comme des réfugiés ayant dû fuir leur village de nuit pour on ne sait quelle raison. A 4h30, la raison d'être de notre marche absurde aparaissait enfin devant nos yeux: le sommet du Fuji San.... Aaaaah quel bonheur. En plus, nous arrivions juste à temps pour le lever du soleil dont le spectacle justifia à lui seul tous nos efforts. Les cris de joie et les chants à l'apparation du soleil rendirent le moment encore un peu plus magique. A 3776m, bien au-dessus des nuages, nous avions l'impression d'être arrivés au bout du monde. Plus surprenant, le bout du monde est aussi bondé que les rues de Tokyo. Mais là pour le coup nous étions prêts à tout oublier. Nous avons passé deux bonnes heures au sommet pour nous reposer, admirer le panorama, prendre des photos, et déguster un bon chocolat chaud. Nous avons mis ensuite une petite heure pour redescendre vers notre refuge et y prendre notre petit déjeuner. Après un peu de repos, nous avons entamé les trois heures descente, par un temps sublime. Une fois en-bas, nous avons repris le bus qui nous a amené vers un Onsen (bain de source d'eau chaude) pour nous relaxer, après quoi nous sommes repartis vers Tokyo.
Bien fatigués, nous étions contents de l'expérience. Mais nous comprenons toutefois mieux ce que les Japonais disent à propos de l'ascension du Fuji: c'est bien de le faire une fois, mais une fois c'est bien...
Tout frais au départ:



Ca devient dur!

Dans le refuge:


On y est!!!



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Vue du sommet:

Le cratère du Fuji:



Pour la descente, le masque est de circonstance si l'on veut éviter de manger trop de poussière...
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De retour...

... bien moins frais qu'au départ.

La récompense après l'effort: un Onsen et des fauteuils de massage!









1 Comments:
Waouww! Les photos sont superbes! Bravo pour l'effort physique! Yu, tu m'épates!
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Anonyme, at 8/21/2006 3:25 PM
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